vendredi, 17 juillet 2009

Témoignage de Bernard Dubuc

 

A la rencontre de Florence dans l’environnement mexicain.


J’ai eu le privilège, oui, je dis bien le privilège, de passer une semaine auprès de Florence à Tepepan.

Quel contraste saisissant entre la « Florence » dans son milieu pénitentiaire et l’image de la  « francesa » dans les médias mexicains, seuls vecteurs d’information de l’opinion ou devrais je dire de désinformation !

Toutes celles et ceux qui ont eu la chance de rencontrer Florence pour la première fois, ont été séduits par cette personnalité, à la fois attachante, authentique et déterminée.

Oui, Florence est une personne vraie, sincère, ne trichant pas avec elle-même, laissant parler ses émotions et qui n’est pas prête à sacrifier à l’intérêt du moment les valeurs qui sont les siennes et cela quel que soit le prix à en payer.

Des amis mexicains nous ont d’ailleurs confié que depuis l’origine du Mexique, aucun bandit, meurtrier ou autres trafiquant de tous poils n’avaient eu à subir ce que Florence a supporté depuis son incarcération.

Beaucoup parmi nous aurait probablement concédé une reconnaissance de culpabilité au nom d’une liberté plus précocement retrouvée et d’un retour plus rapide.

Peut-être nous ? Pas Florence.

Elle est innocente, et rien n’en fera une coupable ; non pas seulement aux yeux des autres mais surtout aux siens. C’est cela, toute sa grandeur. Alors, même si elle passe par des hauts et des bas, sa détermination, face à l’enjeu de son innocence, reste intacte.

Son éthique et sa manière d’être se sont traduites par un profond respect qu’elle a su façonner, au fil du temps, dans son environnement pénitentiaire, tant à la fois vis-à-vis de ses codétenues et de ses amies que de l’administration. Elle est une détenue exemplaire et hors normes pour tout le monde. A Tepepan, tout le monde connaît et respecte « Florence ».

A Tepepan, Florence conseille, aide, conforte, partage. Bref une vraie leader au sens noble du terme.

Mais qu’en est-il à l’extérieur ?

Malheureusement, la « Florence » réelle que nous connaissons et décrite ci-dessus se transforme, avec l’aide des médias mexicains, en « Secuestradora francesa » pour l’opinion publique.

Florence baigne dans un océan de haine constante perfusée à rythme régulier par les médias aux ordres du pouvoir, d’indifférence collective car les problèmes des mexicains sont d’un tout autre niveau, et de soutiens faibles, apeurés et soumis à pression.

Pour comprendre cela, Il faut avoir été au Mexique.

Deux exemples révélateurs, les deux seules informations publiées au retour du G14 du Président Caldéron, ont été : Le refus du transfèrement de Florence et le fait que son épouse était assise à coté de Michelle Obama au dîner officiel. Bref que l’important pour l’avenir du Mexique. Mais cela satisfait pleinement la grande masse de la population mexicaine incapable de discernement et d’analyse.

Un autre exemple illustré par un chauffeur de taxi refusant de nous conduire à Tepepan parce que l’adresse que nous lui montrions fait apparaître le nom de Florence Cassez.

Voila la triste réalité du Mexique

C’est pour cela que la solution viendra à la fois de la France et de la communauté internationale. C’est en ce sens que Florence nous demande d’agir et c’est le message qu’elle nous insuffle lorsque nous la quittons. « Même si votre visite me fait plaisir, je sais que vous serez plus actifs en France, alors rentrez et agissez »

Toutes celles et ceux qui l’ont rencontrée, sortent de Tepepan plus renforcés que jamais dans leur détermination à agir pour son retour et sa libération. C’est cela aussi la force de Florence.

Pour ce qui me concerne, je n’échappe pas à cette règle avec en plus le bonheur d’avoir rencontré une personne d’exception. Je souhaite que vous puissiez, vous aussi, la rencontrer rapidement, je suis sûr que vous partagerez ce même bonheur.

Bernard Dubuc.

 

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