vendredi, 31 juillet 2009
Ouest France
"Mon innocence est évidente"
Condamnée, au Mexique, à soixante ans de prison pour enlèvement, la Française
affirme à Ouest-France qu'elle ignorait les activités criminelles de son
ex-compagnon.
Mexico. De notre correspondant
C'est le jour des visites à la prison de Tepepan à Mexico. Assise à une table, Florence
Cassez, 34 ans, feuillette une dizaine de lettres reçues de France. « Tous ces gens
savent que je suis innocente », lâche, les larmes aux yeux, la Française, condamnée
à soixante ans de prison pour complicité d'enlèvements. Elle était la compagne d'Israël
Vallarta, chef d'une bande de kidnappeurs.
« Je ne posais pas de questions »
Originaire de Béthune, Florence Cassez débarque en terre aztèque en mars 2003. Elle
travaille alors pour son frère, Sébastien, importateur à Mexico de matériels cosmétiques.
Quatre mois plus tard, il lui présente un ami, Israël Vallarta. « Je me sentais seule. J'ai
fini par céder à ses avances, raconte-t-elle. Je n'étais pas amoureuse. Lui oui. Je
ne posais pas de questions pour garder mes distances. On ne vivait pas
ensemble. »
En instance de divorce et père de deux enfants, Israël Vallarta se serait présenté à elle
comme un entrepreneur qui revend des véhicules d'occasion. « J'ai vu les garages, les
voitures », clame-t-elle en contenant sa colère. Et son niveau de vie ? « Il ne vivait
pas dans l'opulence et ne m'a jamais entretenue. ».
Selon ses dires, elle aurait rompu la relation en juin 2005, mais serait restée en bons
termes avec lui. Elle quitte son appartement un mois plus tard et décide de se rendre en
France. Israël Vallarta lui aurait alors proposé de garder ses affaires dans son petit ranch
en périphérie de la capitale. Trois personnes kidnappées y auraient été détenues.
« Reconnaissante de son aide, j'ai accepté de transférer ma ligne téléphonique
là-bas. De retour à Mexico, le 9 septembre, j'ai logé trois mois chez lui, mais en
amis », affirme Florence Cassez, assurant qu'elle n'a jamais vu d'otage dans ce ranch.
Elle a ensuite trouvé un emploi dans un hôtel avec des papiers d'immigration en règle. «
Je n'aurais jamais fait tout ça si j'avais su pour les enlèvements. » Le 6 décembre
2005, elle se réinstalle à Mexico. Deux jours plus tard, Israël Vallarta l'aide à transporter
ses affaires restées au ranch. Ils seront arrêtés sur la route, avant que l'opération de
police soit mise en scène le lendemain pour la télévision.
Après une première condamnation à quatre-vingt-dix ans de prison, le juge d'appel a
statué sans l'avoir entendue. Le 22 juin, le Mexique a refusé de la transférer en France.
Aujourd'hui, la jeune femme ne demande qu'une chose : « Qu'on regarde mon dossier
! Mon innocence est évidente. »
Frédéric SALIBA.
11:21 Publié dans La presse en parle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





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