Sa maman vient de passer deux semaines à Mexico. « Elle est si lasse, ma fille... Je redoute qu'un jour, elle craque vraiment. » Charlotte parle de Florence, Florence appelle Charlotte... Le lien qui unit les deux femmes est celui d'une énergie filiale par laquelle la jeune femme continue de se tenir debout, face à une justice mexicaine si difficile à comprendre.
« Une cabale »
« Ma mère a vu le juge d'appel, lors de son séjour ici. Il a posé des questions, demandé des précisions, c'est déjà le signe qu'il connaît le dossier. » Cette phrase qui serait insensée ici prend son sens au Mexique, où de hauts magistrats ne voient pas d'autre explication à la sévère condamnation qui a frappé Florence Cassez : « La juge est débordée. À l'audience, elle envoie souvent des collaborateurs. Au bout du compte, il est possible qu'elle ait rendu sa décision sans connaître vraiment elle-même le dossier... » Une théorie qui a fait son chemin jusqu'au cabinet de Frank Berton, l'avocat français de la jeune Nordiste. « Depuis qu'il est venu, au mois de juin, je sens que beaucoup plus de gens sont mobilisés. J'ai la sensation que mon innocence est reconnue. Je le sens à travers les courriers que je reçois, et quelques visites aussi. » Me Berton n'en démord pas : « Dans ce dossier, tout montre que Florence a été victime d'une cabale. Des erreurs de procédure, des actes manipulés, des questions éludées... Rien ne tient. Les accusations sont farfelues ! »
Soutien parlementaire
Autour de lui, d'autres en sont aujourd'hui convaincus. C'est le cas de Thierry Lazaro, maire de Phalempin, dans la métropole lilloise, et député UMP, ou de son collègue PS à l'Assemblée, Frédéric Cuvillier, maire de Boulogne. « Il faut faire connaître l'injustice qui frappe Florence. Faire savoir que son pays la soutient ! » Les deux hommes ont envoyé une lettre de soutien à tous les députés. Une petite centaine d'entre eux, pour l'instant, ont répondu, dans le but de montrer que Florence, qui s'étiole dans sa prison de la banlieue mexicaine, doit encore croire qu'elle n'est pas seule. Mais que c'est dur... « Le juge a dit à ma mère qu'il rendrait sa décision avant trois mois, peut-être avant la fin de l'année. Parfois, j'essaie de me préparer au pire... »





LA VOIX DU NORD : « Je ne crois plus en rien... Je ne sais plus... Je ne peux même plus avoir confiance... » Du fond de la prison de Tepepan, la voix de Florence Cassez se brise, par moments, au téléphone. Après avoir appris en mai que la justice mexicaine la condamnait à 96 ans de prison pour des enlèvements qu'elle nie farouchement, elle attend la décision du juge d'appel.
REPORTAGE REALISE A MEXICO PAR LA VOIX DU NORD :